Quand répétition rime avec attention

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Quand répétition rime avec attention

Message par Lyrawen le Jeu 2 Mar - 14:54

A peine fut-elle arrivée que Kaïla soupira et serra un peu plus fort la main de Julian, son compagnon, en voyant tout ce monde agglutiné devant l’imposant immeuble qu’était sa grande école d’art, le «Lincoln center» à New-York. Cette école était tellement prestigieuse et sélective que c’était les élèves qui avaient l’honneur de pouvoir y entrer, et non l’inverse. Oh, c’était loin d’être sa première journée, et pourtant, depuis le temps qu’elle était ici, elle ne comprenait toujours pas l’intérêt de danser, chanter ou jouer d’un instrument en dehors des cours. Il n’y avait aucune raison de se montrer constamment devant tout le monde puisqu’ils avaient déjà été choisis pour leur talent. A cause de tout ce remue ménage, elle n’arrivait pas à voir où était Raphaella, son amie, dans la cour de l’école. Kaïla ne pouvait s’empêcher de haïr ses collègues pour une stupidité pareille. Enfin, elle ne se faisait pas de soucis, elle savait déjà qu’elles se retrouveraient à l’intérieur. Après tout, elles avaient bien l’habitude de cette situation maintenant.

Le sourire aux lèvres, elle se tourna abruptement devant Julian. Elle le regarda intensément droit dans les yeux. Il se passa quelques secondes avant qu’elle pencha légèrement sa tête. Julian se demandait ce qu’elle voulait, il ne comprenait pas bien son comportement. Les traits de son visage le démontraient bien. Elle ne répondit pas à sa question, elle ne fit qu’esquisser encore un plus grand sourire. C’était pourtant évident ce qu’elle voulait. Elle désirait lui voler un baiser, elle désirait le surprendre, elle désirait simplement le voir sourire et heureux. Mais il ne l’était pas vraiment. Elle savait bien pourquoi. Alors qu’elle tentait d’oublier cette scène, lui tenter de la faire parler.

Soudain, une sonnerie retentit. Elle se dressa rapidement sur la pointe des pieds et lui vola un ultime baiser. Elle admira son visage surpris pendant une seconde avant de détacher sa main de la sienne. Elle se retourna en gardant le sourire et se mit à s’éloigner en courant vers l’entrée qui était désormais bien dégagée. Pour la première fois de sa vie, elle était heureuse de se rendre à l’école, de s’éloigner de lui et de se changer les idées. L’école venait de la sauver. Ainsi, elle avait pu éviter une nouvelle confrontation avec lui.

« Kaïla … » cria-t-il le plus fort possible en levant une de ses mains devant lui.

Il était trop tard. Elle était déjà partie et ne semblait pas l’avoir entendu. Elle faisait simplement la sourde oreille. Il y avait eu tellement d’inquiétude en lui, autant dans sa voix que sur son visage. Juste avant d’entrer dans le bâtiment, elle s’arrêta et se retourna vers son compagnon. Elle le fixa une dernière fois et lui envoya un baiser avant de disparaître complètement de son regard. Décontenancé par son comportement, il ramena sa main brutalement sur son front en secouant nerveusement sa tête. Il n’avait plus de raison de rester là. Il se retourna en soupirant à son tour, main dans les poches, en direction de son lieu de travail, à quelques mètres de l’école seulement.

Il lui fallut peu de temps à Kaïla pour arriver dans l’amphithéâtre. Depuis qu’elle avait entendu la voix inquiète de son petit ami, elle avait une boule au ventre. Elle se sentait coupable. Elle espérait qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle soupira un grand coup et se remis à sourire. Il ne lui fallut que quelques secondes pour repérer son amie. Raphaella arrivant toujours la première, elle prenait les mêmes places depuis le tout début. Tandis qu’elle s’asseyait à côté d’elle, certains de ses collègues se préparaient pour monter sur scène.

« Tu es un ange, Raf » murmura-t-elle à son oreille et en lui souriant.

Le professeur finit par taper dans ses mains, signalant aux élèves que le cours allait pouvoir commencer. Kaïla se redressa et regarda la scène. Il ne restait que quelques mois de répétition. La tension était de plus en plus lourde. Les conseils du professeur de plus en plus précis. Et pour réussir, nous devions les écouter et régler les soucis qu’elle nous signalait le plus rapidement possible. Elle surveilla avec grand intérêt les danseurs jusqu’à ce que son regard reste bloqué sur un point fixe.

Des souvenirs lui revenaient en mémoire sans qu’elle puisse contrôler quoi que ce soit. Elle se revoyait ce matin à préparer le petit déjeuner pour son compagnon. Elle semblait être en forme, tout avait l’air d’allez bien. Puis soudain, elle se revoie de nouveau à presque défaillir à terre. Elle revoit le visage de Julian s’inquiéter pour elle, la rattrapant à temps pour éviter qu’elle ne tombe. Il avait tenté de la faire parler, de l’empêcher de se rendre à son cours. Sans résultat. Elle tenait plus que tout à se rendre à son cours. Elle avait réussit à le convaincre comme toujours. Personne ne pouvait lui résister et surtout pas lui. Il avait accepté qu’à une seule et unique condition, celle de l’accompagnait jusqu’à son école, quitte à arriver en retard à son boulot. Elle ne le voulait pas mais elle avait finit par céder. Lui seul, avait aussi ce pouvoir sur elle.

Elle finit par soupirer légèrement pour éviter d’attirer l’attention de son amie. Elle ne devait pas savoir qu’elle était un peu ailleurs, dans la lune même. Les souvenirs continuaient toujours d’affluer dans sa tête tandis qu’elle essayait désespérément de trouver une raison à ce moment de faiblesse de la matinée. Elle ne comprenait pas pourquoi, ni comment cela avait pu arriver. Pourquoi ce jour-là précisément ? Elle était persuadée de n’avoir rien changé dans ses habitudes. Comme si cela pouvait servir à quelques choses de se poser les questions maintenant, comme si elle aurait un jour des réponses. Non. Elle n’obtiendrait rien aujourd’hui. Elle ne voulait même plus y penser. C’était à cause de lui qu’elle y repensait. Pourquoi avait-il fallut qu’il montre encore une fois son inquiétude. Cela aurait était tellement plus simple sans.

Soudain, toutes ses pensées se dissipèrent. Le professeur frappa dans ses mains pour les félicités et les remercia pour leur prestation. Tous les élèves en firent de même. Même Kaïla, elle était enfin sortie de sa léthargie et elle espérait bien ne pas y retourner de nouveau. Elle avait tellement détesté ses quelques minutes qui lui avait semblait durer toute une éternité. Le professeur leur donna quelques conseils avant de les libérer pour de bon puis annonça le nom des suivantes. Kaïla se leva de sa chaise avec bon train. Danser allait lui permettre de ne plus penser à cette histoire. Et c’est ce dont elle avait justement besoin.

Placé au milieu de la scène, recroquevillé sur elle-même, elle attendait la musique jouait par Raphaella. Ainsi, elle pourrait s’ouvrir au monde et se libérer de sa douleur, de son angoisse. Au moment où la musique débuta, Kaïla se redressa et se mit à danser. Ses gestes étaient fluides, elle connaissait les pas sans même devoir y penser. Elle n’entendait même plus la musique. Elle n’en avait pas besoin, tout était dans sa tête. Alors qu’elle allait bientôt attaquer le final, ses jambes la lâchèrent. Elle tomba brutalement sur le sol.

« Et merde » Cria-t-elle.

Tout le monde se précipita vers elle lui demandant si elle avait mal quelques parts. Elle ne sut placer aucun mot dans toute cette agitation et soupira d’énervement. Cela avait recommençait. Elle venait d’avoir un nouveau malaise. Mais elle ne pouvait se permettre de donner cela comme réponse. Elle n’en avait aucune envie. Tant pis si elle se prenait des remarques du fait qu’elle venait de chuter et qu’elle avait raté sa scène. Il en était hors de question.

« C’est rien, j’ai juste glissé » Annonça-t-elle légèrement énervé contre elle-même. « Pas besoin d’appeler une ambulance pour ça. Je n’ai rien » Le professeur la fixa du regard, se demandant si elle devait la croire. « Je vous assure que je vais bien, regardez »

Elle se redressa à ce moment-là et se mit à marcher sans boiter. Tout allait bien. Elle n’avait vraiment aucune blessure. La seule douleur qu’elle avait ressentie était la douleur du choc. Rien de plus. Elle n’avait plus mal maintenant. Le professeur finit par demander à Raphaella de l’accompagner à l’infirmerie et qu’elle passerait les voir après qu’elle est vu les autres. Kaïla soupira, même si elle avait évité l’ambulance, elle n’arriverait pas à échapper à l’infirmerie. Elle descendit de la scène et se dirigea vers la porte de sortie. Elle n’arrivait pas à se calmer, et ne voulant pas blesser Raphaella avec des paroles crues, elle se tut.
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